L’une des hypothèses des causes de la dyslexie est le déficit phonologique

Lire c’est mettre en correspondance des symboles visuels avec des représentations langagières phonologiques et sémantiques.

Les deux hypothèses concernant des troubles cognitifs causes de la dyslexie consistent à situer le déficit au niveau du langage oral (phonologique) ou au niveau du déficit visuel.

in « Les troubles spécifiques de la lecture » de Franck Ramus 
Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, EHESS, CNRS, ENS

 

 

A- Le déficit phonologique est l’hypothèse dominante car les enfants dyslexiques souffrent souvent d’un déficit du système de représentation mentale et de traitement cognitif des sons de la parole nuisant à l’apprentissage des correspondances graphèmes/phonèmes et de leur manipulation.
Conscience phonologique 
: capacité d’un individu à réaliser qu’en deçà du mot, la parole se décompose en sous-unités (syllabes et phonèmes) formant une combinatoire, elle émerge vers 5/6ans sur la base d’une sensibilité phonologique acquise antérieurement.

Mise en évidence du déficit phonologique dans des tâches mettant en jeu la sensibilité de la conscience :
– Phonologique implicite :  détection d’un intrus dans des rimes (simple à détecter même sans maîtrise de la notion de rime pour les plus jeunes), contrepétries pour les plus âgés…
– Difficultés pour la mémoire verbale à court terme comme par exemple : les empans de chiffres à retenir (maintien temporaire des représentations phonologiques des chiffres pour les restituer) la répétition de non-mots et de séquences de non-mots
– Difficultés et lenteur dans des tâches de dénomination rapide pour nommer des images rapidement (récupérer la forme phonologique du mot dans a mémoire à long terme puis planifier l’articulation)

Vous trouverez cet ouvrage chez : ebla-editions.fr

 

Le déficit phonologique pré-existe à l’apprentissage de la lecture des enfants qui vont devenir dyslexiques, il n’est pas seulement une conséquence du mauvais apprentissage.

Il affecte d’abord la maîtrise des relations graphèmes/phonèmes et la voie phonologique (lettre à lettre) de la lecture mais aussi la voie orthographique directe (reconnaissance de la forme visuelle du mot).

http://www.ebla-editions.fr/home/1-acquerir-la-conscience-des-sons-au-quotidien.html

 

 

B- Les déficits visuels : c’est une idée très ancienne qu’un déficit visuel subtil pourrait entraver l’apprentissage de la lecture et plausible mais les données empiriques divergent.
Deux types d’hypothèses proposées :
–     instabilité binoculaire, problèmes de convergence et de planification des saccades oculaires induisant des distorsions de la perception des mots, des mouvements apparents, ainsi qu’une difficulté à se déplacer dans le texte accompagnées d’une fatigue visuelle, mais ces observations sont peu confirmées scientifiquement
–     troubles visuo-attentionnels, avec légère héminégligence gauche ou réduction de l’empan visuo-attentionnel, observés chez enfants dyslexiques.
Mais le trouble visuel pourrait être la conséquence d’un trouble d’apprentissage de la lecture causé par un déficit phonologique…
Une minorité d’enfants dyslexiques souffrent de troubles visuels plutôt que phonologiques.

C- Autres hypothèses
La théorie du traitement auditif temporel pour expliquer le déficit phonologique mais le lien causal avec le trouble de lecture n’est pas établi. (…)

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