Pourquoi « jouer = apprendre » ? (1)

jeufeuillesLe jeu est le travail de l’enfance » Le jeu est tout sauf frivole.
De récentes recherches confirment
ce que Piaget1 a toujours su,
à savoir que « le jeu est le travail
de l’enfance ».

Article de Kathy Hirsh-Pasek, Ph.D., Roberta Michnick Golinkoff, Ph.D

Temple University, États-Unis, University of Delaware, États-Unis
Article à découvrir en entier sur l’excellent site : enfant-encyclopédie

Le jeu est le travail de l’enfance
 »
Le jeu libre et le jeu dirigé sont essentiels au développement des habiletés scolaires.,2 .3
Les chercheurs suggèrent que le jeu est un ingrédient fondamental de l’apprentissage
qui permet aux enfants d’imiter les comportements adultes, d’exercer leurs habiletés
motrices, de traiter les événements émotifs et d’en apprendre beaucoup sur le monde
qui les entoure.

Questions clés pour la recherche
Le jeu libre et le jeu dirigé favorisent-ils l’apprentissage ou sont-ils simplement un
moyen pour les jeunes enfants de libérer leur énergie refoulée ?
Et, si le jeu est lié à l’apprentissage, y a-t-il une forme de jeu plus avantageuse
qu’une autre ?

Contexte de la recherche
Les résultats suggèrent que le jeu libre et le jeu dirigé sont effectivement liés au
développement social et scolaire.
Par exemple, Pellegrini4 a découvert que les enfants d’école élémentaire qui aiment
jouer librement pendant la récréation sont plus attentifs à leur travail lorsqu’ils retournent
en classe. Ces enfants, surtout les garçons, réussissent mieux en lecture et en
mathématiques que les enfants qui n’ont pas eu de récréation.
Le jeu physique est aussi associé à certaines zones du développement du cerveau
(les lobes frontaux) qui sont responsables du contrôle comportemental et cognitif.
En effet, une étude récente a utilisé le jeu dirigé pendant toute une journée scolaire
pour aider les enfants d’âge préscolaire à apprendre comment maîtriser les réactions
et les comportements impulsifs. Les prétendues habiletés liées aux fonctions exécutives
(l’attention, la résolution de problèmes et l’inhibition) entretenues dans des conditions
de jeu dirigé étaient reliées à des améliorations en mathématiques et en lecture.5

Récentes recherches sur l’amélioration des résultats scolaires grâce au jeu
Ainsi, sur le plan scolaire, le jeu est lié à la lecture et aux mathématiques ainsi qu’à
l’important processus d’apprentissage qui nourrit ces compétences.
Plus particulièrement, des études directes lient le jeu à la littératie et au langage,
ainsi qu’aux mathématiques.
À titre d’exemple, le jeu d’un enfant de quatre ans—sous forme de jeux de rimes,
de listes d’épicerie et de « lecture » de livres d’histoires à des animaux en peluche—
prédit le niveau de préparation à la langue et à la lecture.6
La recherche suggère que les enfants manifestent leurs habiletés langagières
les plus développées lors du jeu, et que ces habiletés langagières sont fortement
liées à la littératie émergeante.7,8 (…)

Le jeu et l’apprentissage par le jeu supportent aussi le mathématicien en devenir.
Une expérience naturaliste effectuée par Seo et Ginsburg9 a observé que les enfants
de quatre et cinq ans bâtissent les concepts mathématiques de base pendant le jeu libre.
Peu importe la classe sociale des enfants, trois catégories d’activités mathématiques
étaient largement répandues, le jeu lié : au modèle et à la forme (exploration de modèles et de formes spatiales), à la magnitude (énoncé de magnitude ou de comparaison de deux éléments ou plus pour évaluer la magnitude relative), le jeu d’énumération (jugement numérique ou quantificatif).

  • Le jeu libre des enfants contient les racines de l’apprentissage des mathématiques
    pour 46 % du temps.

jeu serpentUne récente étude de Ramani et
Siegler10 a démontré que le jeu dirigé
adoptant la forme d’un jeu de société
se jouant sur un tableau, comme
Serpents et échelles, favorise aussi
diverses tâches mathématiques
chez les enfants d’âge préscolaire
provenant de familles à faibles
revenus.
Les enfants d’âge préscolaire ayant joué quatre fois à ce jeu pour des séances
de 15 à 20 minutes au cours d’une période de deux semaines étaient meilleurs
à des tâches de magnitude numérique (déterminer ce qui est plus grand), d’estimation
de la position du nombre, de calcul et de reconnaissance numérique.
Enfin, Gelman11 a trouvé que même les enfants âgés de deux ans et demi et
trois ans peuvent manifester une compréhension du principe cardinal, soit que
le dernier nombre nommé dans une séance de comptage représente le nombre
d’éléments de l’ensemble compté. Cependant, cette compétence ne se manifeste
que lorsque les enfants accomplissent une tâche ludique. (…) »

Références

  1. Piaget, J. Play, Dreams, and Imitation in Childhood. Gattegno C, Hodgson FN, trans.  New York, NY: W. W. Norton & compagny; 1962.
  2. Singer DG, Golinkoff RM, Hirsh-Pasek K, eds. Play = Learning:  How Play Motivates and Enhances Children’s Cognitive and Social-Emotional Growth  New York, NY:  Oxford University Press; 2006
  3. Hirsh-Pasek K, Golinkoff RM, Ever DE. Einstein never used flashcards:  How our children really learn and why they need to play more and memorize less.  Emmaus, PA: Rodale Press; 2003.
  4. Pellegrini AD, Holmes RM. The role of recess in primary school. In:. Singer DG, Golinkoff RM, Hirsh-Pasek K, eds. Play = Learning:  How Play Motivates and Enhances Children’s Cognitive and Social-Emotional Growth  New York, NY:  Oxford University Press; 2006:36-53.
  5. Diamond A, Barnett WS, Thomas J, Munro S. Preschool program improves cognitive control. Science 2007;318(5855):1387-1388.
  6. Bergen D, Mauer D. Symbolic play, phonological awareness, and literacy skills at three age levels. In: Roskos KA, Christie JF, eds. Play and Literacy in Early Childhood: Research from Multiple Perspectives.  New York, NY: L. Erlbaum; 2000: 45-62.
  7. Christie JF, Enz B. The effects of literacy play interventions on preschoolers’ play patterns and literacy development. Early Education and Development 1992;3(3): 205-220.
  8. Christie J, Roskos K.  Standards, science and the role of play in early literacy education.  In: Singer DG, Golinkoff RM, Hirsh-Pasek K, eds. Play=Learning:  How Play Motivates and Enhances Children’s Cognitive and Social-Emotional Growth.  New York, NY:  Oxford University Press. 2006:chap 4.
  9. Seo KH., Ginsburg HP. What is developmentally appropriate in early childhood mathematics education? Lessons from new research. In: Clements DH, Sarama J,  DiBiase AM, eds. Engaging Young Children in Mathematics: Standards for Early Childhood Mathematics Education. Mahwah, NJ: Lawrence Erlbaum Associates, 2003:91–104.
  10. Ramani GB, Siegler RS. Promoting broad and stable improvements in low-income children’s numerical knowledge through playing number boardgames. Child Development 2008;79(2):375-394.
  11. Gelman R. Young natural–number arithmeticians. Current Directions in Psychological Science 2006;15(4):193-197.

 

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