Pourquoi « jouer = apprendre » ? (2)

jouer voituresRecherche récente sur
l’amélioration sociale
grâce au jeu
Le jeu libre et le jeu dirigé sont
également importants pour favoriser
la compétence sociale et la confiance
ainsi que l’autorégulation ou la
capacité des enfants à gérer leur
propre comportement et émotions.

Dans le jeu libre, les enfants apprennent à négocier avec les autres, à attendre leur tour
et à se gérer eux-mêmes ainsi que les autres.1,2,3,4,5,6,7,8,9
Le jeu est essentiel pour apprendre à se faire des amis et à s’entendre avec les autres.

Article de Kathy Hirsh-Pasek, Ph.D., Roberta Michnick Golinkoff, Ph.D
Temple University, États-Unis, University of Delaware, États-Unis
Article à découvrir en entier sur l’excellent site : enfant-encyclopédie

Barnett et Storm28 ont aussi découvert que le jeu est un moyen de gérer la détresse.
En effet, Haight, Black, Jacobsen, et Sheridan10 ont démontré que les enfants qui
ont été traumatisés peuvent utiliser le jeu de simulation avec leur mère pour résoudre
leurs problèmes.

apprendreDans l’ensemble, les compétences
sociales comme l’amitié et la gestion
face au stress sont les fondements
de la maturité et de l’apprentissage
scolaires.
Raver11 conclu que « d’après la
recherche effectuée au cours des deux
dernières décennies, il est très clair
que l’adaptation émotive et comporte-
mentale des enfants est importante pour
leur réussite scolaire précoce. »

C’est par le jeu que les enfants apprennent à soumettre leurs désirs aux règles sociales,
à coopérer volontairement avec les autres, à adopter des comportements socialement
appropriés—des comportements essentiels pour bien s’adapter aux exigences de l’école.

Conclusions

Les données sont claires. Le jeu et le jeu dirigé sont d’un grand soutien pour
l’apprentissage scolaire et social. En réalité, les comparaisons entre les approches
ciblant les enfants d’âge préscolaire qui utilisent des jeux ludiques et qui sont centrées
sur l’enfant et les approches faisant moins appel au jeu et ayant une tendance plus
directive, révèlent que les enfants qui bénéficient des approches centrées sur les enfants
réussissent mieux aux examens de lecture, de langage, d’écriture et de mathématique
que les autres.12 Des milieux plus engageants et intéressants pour l’enfant favorisent
mieux l’apprentissage, même à l’école élémentaire.13,12

Étant donné les résultats qui lient le jeu et l’apprentissage, il peut être offusquant
de constater que le jeu a été dévalué dans notre culture. Le jeu est devenu un mot
de trois lettres qui représente souvent le contraire du travail productif.
Un rapport récent d’Elkind14 suggère qu’au cours des dernières années, 30 000 écoles
ont laissé tomber la récréation pour faire plus de place à l’apprentissage scolaire.
De 1997 à 2003, le temps que les enfants ont passé à jouer dehors a diminué de 50 %.
Au cours des 20 dernières années, les enfants ont perdu plus de huit heures de récréation
par semaine. Pourquoi ? Parce que nombreuses sont les personnes qui ne réalisent pas
que le jeu et l’apprentissage sont inextricablement liés.
Quand les enfants jouent, ils apprennent. Les enfants qui s’investissent dans le jeu et
dans l’apprentissage ludique ont de meilleurs résultats scolaires que leurs pairs qui jouent
moins. Cependant, les travaux étayant cette relation commencent tout juste à émerger
et, à ce stade, les relations entre le jeu et l’apprentissage sont largement basées sur
des données corrélationnelles. Au cours des dix prochaines années, nous devrons faire
davantage afin de comparer la relation entre le jeu et les impacts sur l’apprentissage social
et scolaire par des études empiriques et contrôlées.

Implications

Le jeu est donc essentiel pour la maturité et le rendement scolaires. Il pourrait également jouer un rôle important dans la préparation des enfants pour le monde en général, au-delà de la salle de classe. Les chefs de file du monde des affaires suggèrent qu’à l’ère des connaissances, le succès dépendra des enfants qui auront à leur portée un ensemble d’habiletés comprenant la Collaboration (travail d’équipe, compétence sociale), le Contenu (p. ex., la lecture, les mathématiques, les sciences, l’histoire), la Communication (orale et écrite), l’innovation par la Création et la Confiance (prendre des risques et tirer des leçons des échecs). L’apprentissage ludique nourrit chacun de ces « Cinq C ».

couv_p1En résumé : Jouer = Apprendre.
Au fur et à mesure que les enfants passent du
bac à sable à la salle de classe, le jeu devrait
être la pierre angulaire de leur éducation.
La recherche est claire :
La pédagogie par le jeu supporte les forces
socioaffectives et scolaires tout en inculquant
l’amour de l’apprentissage.

 

 

 

  1. Connolly JA, Doyle AB. Relations of social fantasy play to social competence in preschoolers. Developmental Psychology 1984;20(5):797-806.
  2. Howes C, Matheson CC. Sequences in the development of competent play with peers: Social and social pretend play. Developmental Psychology 1992;28(5): 961-974.
  3. Howes C. The Earliest Friendships. In: Bukowski WM, Newcomb AF, Hartup WW, eds. The Company They Keep: Friendships in Childhood and Adolescence. Cambridge, England: Cambridge University Press; 1998:66-86.
  4. Hughes C, Dunn J. Understanding mind and emotion: Longitudinal associations with mental-state talk between young friends. Developmental Psychology 1998; 34(5):1026-1037.
  5. Raver CC. Emotions matter: Making the case for the role of young children’s emotional development for early school readiness. SRCD Social Policy Report 2002; XVI(3):3-18.
  6. Singer DG, Singer JL. Imagination and Play in the Electronic Age. Cambridge, MA; Harvard University Press; 2005.
  7. Smith PK. Play and peer relations. In: Slater A, Bremner G, eds. An Introduction to Developmental Psychology. Malden, MA: Blackwell Publishing; 2003:311–333.
  8. Bodrova E, Leong DJ. Tools of the Mind: The Vygotskian Approach to Early Childhood Education. Englewood Cliffs, NJ: Merrill;1996.
  9. Krafft KC, Berk LE.  Private speech in two preschools: Significance of open-ended activities and make-believe play for verbal self-regulation. Early Childhood Research Quarterly 1998;13(4):637-658.
  10. Barnett LA, Storm B. Play, pleasure, and pain:  The reduction of anxiety through play.  Leisure Sciences 1981;4(2):161-175.
  11. Haight W, Black J, Jacobsen T, Sheridan K. Pretend play and emotion learning in traumatized mothers and children.  In: Singer D, Golinkoff RM, Hirsh-Pasek K, eds. Play=Learning:  How Play Motivates and Enhances Children’s Cognitive and Social-Emotional Growth.  New York, NY:  Oxford University Press; 2006:chap.11.
  12. Lillard A, Else-Quest N. Evaluating Montessori education. Science 2006;313(5795):1893–1894.
  13. Sternberg RJ, Grigorenko EL. Teaching for Successful Intelligence: to Increase Student Learning and Achievement. 2nd ed. Thousand Oaks, CA: Corwin Press; 2007.
  14. Elkind D. Can we play? Greater Good Magazine 2008;IV(2):14-17.

 

4 réflexions au sujet de « Pourquoi « jouer = apprendre » ? (2) »

  1. Voilà de bonnes recommandations pour replacer les jeux à leur juste place à l’école. Je suis bien d’accord, ils ont été progressivement abandonnés…
    Dans ma classe les coins jeux occupent la moitié de la surface !

  2. Il est à saluer que le jeu retrouve une place importante dans les nouveaux programmes de l’école maternelle.
    « Quand les enfants jouent, ils apprennent. »
    Vous pouvez continuer la liste des justes citations vantant les bienfaits du jeu pour l’enfant….

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