Théories actuelles sur l’intelligence de l’enfant, H. Vaillé

piagetArticle d’Hélène Vaillé
paru sur le si
te du cercle.psy

 » Le bébé est plus précoce qu’on ne le croit.

Son intelligence évolue de façon irrégulière,
dans une dynamique où interfèrent la mémoire,
les émotions, les interactions sociales.

Il y a trente ans, à la question de savoir comment se développe l’intelligence
de l’enfant, était invariablement associé un nom, et souvent un seul,
celui de Jean Piaget. Celui-ci a été le premier à considérer le bébé
comme un sujet de recherche et à lui attribuer une intelligence.
On lui doit d’avoir élaboré ce qui restera longtemps la théorie du
développement de l’intelligence. Un monument.

De nouvelles théories du développement

Aujourd’hui, la question de savoir comment se développe l’intelligence suscite
plutôt l’embarras. Le cadre du développement cognitif proposé par J. Piaget
ne fait plus l’unanimité. Nombre d’autres modèles néopiagétiens, évolutionnistes, connexionnistes, dynamiques, psychométriques briguent la place.

Voilà pour le « gros œuvre », les théories générales du développement.
A côté, il y a le travail des artisans du détail. Ces chercheurs-là s’intéressent
au développement précoce du bébé sur des fonctions bien précises.
Leurs études ont révolutionné nos connaissances sur le monde mental du bébé.
On trouve enfin les tenants de l’environnement social et culturel.
Ils tentent de raccorder la « pensée » longtemps contenue dans la demeure
piagétienne au monde extérieur.
Pour J. Piaget, l’intelligence évolue par bonds, d’un stade à l’autre,
du concret vers l’abstr
ait. Au début, l’intelligence du bébé est pratique,
J. Piaget l’appelle sensori-motrice car elle est liée au toucher, à la vision et à l’action.
Au terme de son développement et après plusieurs phases intermédiaires, l’enfant,
alors âgé de 14-15 ans, atteint le stade « formel », celui des opérations abstraites, logiques, mathématiques.
Ce modèle de développement est souvent comparé à la montée des marches
d’un escalier. D’un stade à l’autre, la pensée de l’enfant change, ses raisonnements
sont à la fois meilleurs et d’un autre type. Ce modèle a longtemps orienté
les recherches en psychologie, qui cherchaient à définir le mode de raisonnement (égocentrique, holistique…) propre à chaque stade.

C’est au début des années 1980 qu’apparaissent les premières alternatives
sérieuses à la théorie du développement cognitif de J. Piaget.
L’arrivée des sciences cognitives donne un regain de vigueur aux
recherches sur le développement de l’intelligence.

Plusieurs familles de théories fortement teintées de psychologie cognitive
voient le jour. Les théories néopiagétiennes, parmi les plus influentes,
ont pour objectif de concilier l’approche piagétienne et la psychologie
cognitive.
(…)

Des théories néopiagétiennes aux tenants de la psychologie culturelle,
en passant par les spécialistes du développement précoce,
les principaux continuateurs de l’œuvre de J. Piaget présentent
une diversité de points de vue sur « l’intelligence de l’enfant ».
Les grandes tendances qui se dessinent suggèrent le rôle crucial
de la mémoire de travail, font voir des modèles dynamiques et des jeux
de compétition avec, en lieu et place du raisonnement logico-mathématique,
l’idée plus large d’une pensée « en contexte ». Il paraît impossible d’extraire
une seule théorie dominante de cette mosaïque d’idées.
Tout laisse penser que la demeure piagétienne, portes et volets ouverts,
restera en chantier pour longtemps. »

La suite de cet intéressant article se trouve sur le site du cercle.psy.

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