Dysgraphie (1)

ecrireL’écriture, transcription graphique du langage,
permet de laisser une trace de nos paroles
et pensées avec le plus souvent une nécessité
de transmission.
Il s’agit d’une forme symbolique de langage
exprimée par des signes isolés appartenant
à un code partagé.

L’écriture dépend de l’apprentissage scolaire, des rapports de l’enfant
avec l’école, de l’importance de l’apprentissage dans la dynamique familiale
et de la valeur symbolique de l’écrit.


C’est un moyen indispensable pour traduire graphiquement ce qui a été compris,
appris. Mais l’apprentissage de l’écriture peut révéler une réelle difficulté qui,
si elle est durable et profonde peut constituer un trouble sévère et persistant,
véritable handicap dans la scolarité d’un enfant.
Comme les efforts fournis sont souvent vains, ils génèrent un découragement
et une souffrance. La trop grande difficulté insurmontable peut provoquer
chez l’enfant une perte de confiance en lui, l’échec scolaire voire des troubles
du comportement.

ecrire2Le jeune enfant expérimente et s’exerce
à développer diverses habiletés comme
générer puis contrôler des mouvements
qui laissent des traces lors de productions
graphiques telles des gribouillages
ou des dessins.

 

Ecrire : une tâche complexe
Pour écrire de façon efficace, l’enfant doit ajuster sa posture avec ses points
d’appui, intégrer des signaux visuels, maîtriser des trajectoires, et expérimenter
la tenue de scripteurs variés.
L’écriture nécessite
– d’associer un tracé produit par des gestes, une pression sur le stylo,
une posture et la prise en compte de l’environnement, à des repères spatiaux
comme le mouvement de gauche à droite, la rotation anti-horaire, le tout guidé
par une coordination oculo-manuelle efficace.
– une conversion graphème-phonème opérationnelle avec une réflexion
en amont au choix des lettres afin de respecter l’orthographe.
L’acquisition de l’écriture est liée au développement psychomoteur et moteur.

Un trouble de l’écriture ?
La dysgraphie, du grec dus- difficulté et graphein – écriture, est un trouble
d’apprentissage du langage écrit qui affecte le geste graphique ainsi que
l’aspect et la forme de l’écriture.
Pour le neuropsychiatre Ajuriaguerra , l’enfant dysgraphique est
« un enfant chez qui la qualité de l’écriture est déficiente, alors
qu’aucun déficit neurologique important ou intellectuel n’explique
cette déficience »,  qui évolue dans un milieu socio-culturel
normalement stimulant et suit une scolarisation ordinaire.

Plusieurs causes sont envisageables comme :
– un apprentissage insuffisant ou inapproprié en maternelle,
– des problèmes récurrents de latéralité,
– une mauvaise perception du schéma corporel,
– une immaturité globale au moment de l’apprentissage.

Si le plus souvent chez les enfants en difficulté graphique, aucun déficit
neurologique ou intellectuel n’explique ce trouble, certaines dysgraphies
peuvent être associées à des pathologies notamment neurologiques telles
qu’un handicap visuel, des troubles importants de la coordination oculomotrice,
un handicap auditif ou une pathologie cérébrale comme un accident vasculaire
cérébral, un traumatisme crânien.
La dysgraphie peut concerner les enfants qui débutent dans l’écriture,
mais elle peut également faire son apparition plus tard, dans le cadre de
certaines pathologies comme la maladie de Parkinson.
Dans ces derniers cas on ne parle plus de dysgraphie.
Ce trouble concernerait environ 10 % des enfants, et surtout des garçons.

Ce que l’on peut observer en classe
dysgrafSi l’enfant tente en classe de suivre le rythme,
son écriture devient illisible et est souvent associée
à d’importantes difficultés orthographiques.
S’il est absorbé par l’effort à former correctement
les lettres, il devient très lent et le sens de ses écrits
lui échappe.

L’énergie cognitive, son attention et sa concentration sont focalisées sur la formation
des lettres et l’enfant n’est pas disponible pour écouter, comprendre et mémoriser.
Ce trouble entraîne en effet une malformation dans la reproduction de formes
ou de lettres et/ou une lenteur importante dans la réalisation des productions
graphiques et écrites.
Les enfants rencontrent des difficultés dans la planification, l’organisation et
la coordination de leur écriture.
Les productions écrites sont difficilement lisibles, on peut observer
des maladresses dans :
–  la formation graphique des lettres,
–  la taille inégale des lettres
– les liaisons entre les lettres et les mots avec des irrégularités d’espacements
comme des télescopages,
– des tracés trop légers ou trop écrasés,
– une difficulté à suivre les lignes.
Les lettres sont en fait traitées comme un dessin.
L’enfant lève très souvent son stylo et effectue de très nombreux allers-retours
oculaires chronophages entre un modèle à copier et sa production,
Les gestes sont souvent tremblés ou mal maîtrisés.
Cela ressemble à l’écriture d’un droitier s’essayant à écrire avec la main gauche…
L’ensemble reflète des productions peu soignées.

On peut également observer une mauvaise tenue persistante des différents outils
comme les ciseaux, une règle ou un crayon. Ecrire devient douloureux car
des crispations inappropriées occurrent de la fatigue, jusqu’à de possibles crampes.
L’écriture n’est pas automatisée, elle réclame tant d’efforts de contrôle et
de concentration à l’enfant qu’il ne peut réaliser une tâche supplémentaire.
Ecrire nécessite un effort attentionnel massif.

Dans les exercices de copie on remarque que les phrases perdent leur sens,
certains mots deviennent illisibles et d’autres manquent.
Ces difficultés persistantes dans les exercices réclamant un passage à l’écrit
peuvent conduire à une anxiété importante puis à un refus d’écrire.

2 réflexions au sujet de « Dysgraphie (1) »

  1. Votre article est fort bien documenté. Néanmoins, il serait utile de donner aux enseignants des pistes pour agir face à la dysgraphie et à la dyspraxie (la dysgraphie pure n’existe pas vraiment – si un élève est dysgraphique sans être dyspraxique, c’est le résultat d’un apprentissage de gestes erronés, et cela peut être corrigé entièrement).

    • Vous trouverez des pistes dans la 2e partie de l’article à paraître prochainement et dans la 3e partie des points de vue concernant cette « épidémie » actuelle…

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