Dysgraphie (2) selon le Dr Pouhet

ecrire 4 Article issu du document
du Dr Pouhet en ligne sur
site académie Poitiers

« Ecrire en français a deux significations :
– l’écriture manuelle, réalisation
de la trace graphique des lettres,
des mots, des phrases,
d’un texte (l’acte scriptural)
– la production d’écrits (mettre
en mots écrits sa pensée).

La réalisation manuelle, la  calligraphie ne devient rentable que si elle assure :
– lisibilité (relecture par un tiers mais aussi par l’enfant),
– vitesse d’exécution (rapidité de prise de notes),
– performance orthographique suffisante (sinon relecture difficile).
L’écriture manuelle est un outil, écrire n’apprend rien mais permet de prendre
des notes et de restituer des connaissances par exemple lors d’un contrôle.
Or des enfants dyspraxiques, dyslexiques, dysgnosiques, à haut potentiel intellectuel,
présentant un syndrome dysexécutif,…peuvent présenter une dysgraphie
plus ou moins grave.
Ils disposent d’un outil scolaire de réalisation du tracé des lettres, des mots,
des phrases, d’un texte, … plus ou moins rentable.
Cette « DYS » correspond à la panne d’un outil.

Pathologie du graphisme
Dans le cadre d’une maladresse pathologique (trop souvent considérée comme banale), contrairement au pathologies du langage (toujours prises au sérieux précocement)
les difficultés de réalisation seront très souvent considérées comme une bizarrerie
comportementale !
Il faut :
– affirmer le caractère pathologique : l’enfant est significativement en décalage
dans ce domaine, il n’est pas « en retard »
– évaluer le niveau verbal de l’enfant, ses réussites aux tâches de raisonnement
avec consigne orale et réponse verbale
– comparer le dessin et l’écriture manuelle : en cas de dysgraphie consécutive
à une dyslexie phonologique le dessin est de bien meilleure qualité que le graphisme.
En cas de dyspraxie, dessins et écriture manuelle sont de piètre qualité, sales, brouillons.
En cas de dysgnosie visuelle des images on rencontre plutôt une agraphie, ce qui peut
être également le cas en cas de troubles dysexécutifs sévères (l’enfant fait n’importe quoi)
–  comparer les productions spontanées de l’enfant à la copie qui est significativement
plus difficile en cas de pathologie neurovisuelle
– il est important de repérer le coût cognitif de l’écriture manuelle : existe-t-il une
inconstance de la réalisation des lettres, quelle est la vitesse d’écriture, quel est le coût
en attention-concentration, quelle conséquence écrire manuellement a sur la
dysorthographie?
– essayer d’évaluer le comportement visuel des enfants pendant des tâches de
réalisation : l’enfant arrive-t-il à poser son regard, les yeux suivent-ils ce que fait la main,
les tâches visuelles entraînent-elles une fatigue anormalement précoce et
disproportionnée ?

ecrire 3Le point clé dans ces pathologies est
la rentabilité des productions de l’enfant :
sont-elles efficaces, lisibles, rapides,
sans fatigue ?
L’enfant qui « n’y arrive pas » se voit proposer
des moyens compensatoires.
L’enfant qui entre dans une certaine réalisation,
par exemple en écriture manuscrite, se voit le
plus souvent sommé de progresser, de s’améliorer,
de faire des efforts, de rejoindre une norme à laquelle sa pathologie ne peut le laisser prétendre.

Il faut que l’on s’interroge sur le « coût » cognitif de ses efforts, est-il en « double-tâche » ?

Que mettre en place en attendant un diagnostic ?
1. S’assurer des performances de l’enfant dans le secteur verbal et favoriser
cette voie : l’interroger à l’oral
2. noter la crispation ou non de la main sur le stylo, évaluer l’influence de petites
méthodes de « décontraction »
3. Diminuer la quantité d’écrit, privilégier la qualité aux dépens de la quantité,
préférer les exercices à trous
4. Evaluer l’influence de l’écriture de mots par épellation plutôt qu’en copie.
5. Ne pas multiplier les typographies si l’enfant peine trop.
Pour le tracé des lettres, vérifier si l’enfant s’approprie ou non le guidage habituel
sur consignes spatiales.
Il existe des méthodes d’apprentissage du tracé des lettres par guidage verbal,
sans consignes spatiales (méthode de Mme JEANNOT)
6. Être tolérant sur la présentation et aider à l’organisation en donnant des
repères ritualisés aux enfants (petite comptine, petite chanson…)
7. Aider à l’organisation dans la feuille (code couleur)
8. Si des difficultés visuelles semblent en cause, toujours avoir à l’idée
que l’enfant risque de ne pas pouvoir s’approprier les consignes écrites
au tableau ou affichées en classe.
Lui donner les consignes sur une feuille personnelle avec une présentation
aérée, en enlevant tout ce qui n’est pas nécessaire visuellement et peut
le perturber, l’idéal est un seul exercice par page, optimisé dans sa présentation. »

ecrire 5Le Docteur Alain Pouhet
présente une aide possible :
l’ordinateur.
A lire sur le site
de l’académie de Poitiers

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