Pourquoi l’enfant dessine-t-il ?

bonhommesLa définition la plus courante du verbe
dessiner est : exécuter des mouvements
de la main avec l’aide d’un outil ou
une matière pour laisser une trace visible
sur un support de papier ou autre.

Cette conduite banale est complexe car
elle coordonne des processus moteurs,
cognitifs, sensoriels et émotionnels.

Il peut s’agir de reproduire une figure, un élément, de manière à en donner
une représentation réaliste et ressemblante ou de représenter une idée
ou une sensation par un dessin qui devient alors support de la créativité.

dessiner2Dessiner c’est également traduire
graphiquement l’élaboration d’une
représentation mentale.
Ainsi l’activité de dessin débute par
une intention qui lui confère du sens,
intention qui doit être concrétisée
par l’exécution motrice en coordonnant
les gestes avec la vue.

Chez l’enfant, il peut exister un décalage entre l’intention et la production
graphique du fait de ses capacités motrices et oculo-manuelles.
Selon Luquet (1), le dessin de l’enfant est à la fois figuratif avec
« pour rôle essentiel de représenter quelque chose » et réaliste
« parce qu’il consiste dans la traduction graphique des caractères
visuels de l’objet représenté ».
Heureusement, les très jeunes enfants ne s’encombrent pas
de jugement concernant le réalisme de leurs productions,
ils dessinent selon des modèles internes et de la fonction symbolique,
et leur habileté grapho-motrice, le contrôle visuel qui évoluent parallèlement
à leur âge. La diminution des productions graphiques chez l’enfant
de 8 à 10 ans peut s’expliquer par l’intériorisation progressive
de normes culturelles et scolaires ainsi que le développement
de la pensée logique formelle qui entraveraient sa créativité.

qmeman3Les types de dessins sont nombreux : dessins
géométriques décoratifs ou figuratifs pour
représenter la réalité ou non, dessins libres
faisant appel à l’imagination ou dessins dirigés
respectant des contraintes matérielles, spatiales,
temporelles ou cognitives, dessin simple copie
ou faisant appel à la mémoire visuelle.

Lorsqu’elle est libre, l’activité de dessin s’inscrit
dans une dimension ludique de plaisir et peut offrir
une valeur thérapeutique.

Le dessinateur exprime un message en rapport avec
son histoire personnelle et des préoccupations présentes,
passées ou futures. D’ailleurs, l’analyse peut se centrer
autour du sens d’un dessin terminé mais également autour
de sa construction progressive, c’est-à-dire la syntaxe du dessin.
En effet l’enfant agence des formes graphiques pour construire
son dessin comme il le fait avec des mots pour construire des phrases.

Si tout autour du monde l’enfant cherche à représenter graphiquement
le monde qui l’entoure, ses capacités graphiques dépendent
des multiples influences relevant de ses conditions concrètes de vie :
l’environnement physique et géographique, les traditions sociales
et culturelles locales, la scolarisation et l’enseignement artistique
ainsi que de l’environnement graphique à sa disposition : livres, magazines, bandes dessinées, écrans d’ordinateur, dessins animés, affiches,
dessins produits par des adultes ou ses pairs.
On notera le rôle mondial de la télévision et d’internet qui véhiculent
souvent des modèles stéréotypés issus de la culture occidentale.

3livres

 

 

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(1) Luquet (1927). Le dessin enfantin. Genève : Delachaux & Niestlé.

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