L’apprentissage de la syntaxe à l’Ecole Maternelle

« La connaissance des mots et les règles d’assemblage qui fondent la syntaxe de notre langue se construisent de manière conjointe. »
d’après « Le langage à l’école maternelle » © CNDP, mai 2011

Vous trouverez cet ouvrage chez : ebla-editions.fr

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Le lexique et la syntaxe sont indissociables dans tout acte de parole. En mobilisant et en agençant les mots dans des énoncés de plus en plus précis, les enfants progressent vers la maîtrise de leur langue en s’appropriant les structures syntaxiques qui la caractérisent.

Comme pour le lexique, ces compétences se développent dans le cadre de séances intégrées aux activités de la classe ou de séances spécifiquement dédiées à la langue, en appui sur des objectifs précis toujours définis par l’enseignant en amont de la séance. »

 

« Les principes de mise en œuvre développés pour le lexique s’appliquent de la même manière à la syntaxe : le développement des compétences syntaxiques doit faire l’objet d’une préoccupation quotidienne et être mis en œuvre dans une approche résolument transversale. Les activités relevant des différents domaines sont potentiellement des supports pour développer les habiletés dans ce domaine aussi. Il convient de repérer les opportunités et de les exploiter : la formulation d’une demande, d’une observation en sciences ou la justification d’un choix sont autant de tâches langagières que les enfants doivent apprendre à gérer.

Les repères relatifs au développement du langage identifient quelques éléments saillants du développement de la syntaxe des jeunes enfants qui sont peut-être plus faciles à identifier qu’ils ne le sont pour le lexique. Les principes mis en avant pour la stabilisation des acquis lexicaux valent également pour la syntaxe : l’exercice régulier des com- pétences est impérativement requis pour stabiliser le maniement des structures de la langue ; cet objectif sera au cœur des séances spécifiques en classe, comme durant les séances d’aide personnalisée, et les jeux favoriseront la répétition sans laquelle la maîtrise ne peut être atteinte.

Le travail sur la phrase prend une place importante à l’école maternelle. Les enfants seront régulièrement mis en situation fonctionnelle de produire des phrases simples, affirmatives ou négatives et relevant des différents types de phrases (déclaratives, interrogatives, exclamatives, impératives), puis progressivement des enchaînements de phrases et des phrases complexes.

Les phrases questions feront l’objet d’une attention particulière en compréhension comme en production ; dans un registre de langue soutenu, elles mobilisent des formes plus élaborées et moins familières, parfois même très étranges pour certains enfants. Si l’on prend pour exemple la formulette bien connue «Où vas-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu?», Cette façon de poser des questions jouant sur l’inversion sujet-verbe ne ressemble pas aux formulations ordinaires,iIl incombe donc à l’école maternelle de les leur faire découvrir.

Les conditions favorables à une mise en œuvre de l’apprentissage de la syntaxe

La langue est un objet éminemment culturel et les normes du code ne s’inventent pas. Pour se les approprier, il faut pouvoir s’appuyer sur des modèles. À ce titre, tout enseignant doit offrir en permanence à ses élèves un langage simple, adapté mais dénué de toute approximation.

Le maître de langage est un modèle vivant pour ses élèves. Cette rigueur de la langue magistrale doit s’exercer sans relâche tout au long de la journée de classe et doit être accentuée dans les moments spécifiques dédiés à l’apprentissage de la langue.

D’autres modèles contribuent à développer les habiletés dans le domaine de la syntaxe : les textes lus ou mémorisés (comptines et formulet- tes, poèmes, chansons, courtes histoires) sont très utiles eux aussi pour engranger des structures et des manières de dire plus élaborées que le langage ordinaire.

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Les caractéristiques linguistiques guident le choix des textes à mémoriser ; c’est un critère qui mérite d’être plus largement utilisé.

La capacité des enfants à structurer leur syntaxe est étroitement liée à la qualité et à la complexité des énoncés qu’ils sont invités à produire. À cet effet, l’enseignant devra être extrêmement vigilant à ses modes de questionnement et de sollicitation : les questions fermées ou les énoncés à trous qui appellent des réponses en un seul mot ne permettent pas aux élèves de s’engager dans la production d’un énoncé « consistant » et compromettent les progrès dans la maîtrise de la syntaxe. (…) »

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