Du langage en situation au langage d’évocation

jeux2« L’école maternelle, parce qu’elle accueille des enfants très jeunes, les aide à bien intégrer ce premier langage d’action, en situation puis à le perfectionner : l’enrichir du point de vue lexical et syntaxique mais aussi le diversifier dans ses fonctions. Si l’on peut se comprendre avec un langage minimal, l’école a toutefois besoin d’un langage construit, explicite et structuré.

Sur la base du langage en situation et en créant des conditions adéquates, elle leur permet d’acquérir le second niveau de langage oral, celui qui constitue l’objectif majeur de l’école maternelle. Il s’agit du langage d’évocation, langage décontextualisé, qui possède des caractéristiques l’apparentant à l’écrit et le différenciant du langage en situation. »

Sur la base du langage d’action en situation et en créant des conditions adéquates, l’école maternelle leur permet d’acquérir le second niveau de langage oral qui constitue l’objectif majeur de l’école maternelle : le langage d’évocation.

« Il faut construire ce second niveau de langage, dans les situations où des actes de langage à distance de l’action sont sollicités, où des discours distanciés sont nécessaires. Les enfants produiront le langage attendu, précis et structuré (sinon il ne sera pas compris) en s’appuyant sur leur vécu passé, enchaînant des moments ou événements ou sur le rappel d’histoires connues, avant de construire de vrais récits inventés.

Rapporter une scène, un évènement suppose de camper le décor, de préciser les protagonistes, de raconter ce qui s’est passé, voire de commenter. Le langage d’évocation s’apparente au langage écrit en tant que forme décontextualisée comme l’est l’écrit. Il peut ne pas avoir absolument toutes les marques de l’écrit mais il en a des caractéristiques essentielles : explicitation lexicale requise pour la compréhension du fait de la décontextualisation, structuration qui traduit les relations chronologiques, spatiales et logiques. Des sociolinguistes parlent d’« oral scriptural » pour nommer cette forme de l’oral qui est précisément celle qui est requise par l’école, scolairement efficace.

La capacité à « rendre compte de réalités de moins en moins immédiates » et l’accès au langage décontextualisé, langage d’évocation, sont fortement liés aux compétences lexicales et syntaxiques requises pour évoquer sans ambiguïté une réalité ou un événement absent (passés, futurs ou imaginaires). C’est ce niveau de langage qui doit être visé pour tous les élèves, particulièrement ceux qui sont les moins familiers du français que l’on parle à l’école.

Tous les dispositifs d’aide et de soutien, en particulier l’aide personnalisée, doivent être mobilisés pour conduire un travail méthodique sur la langue et compenser les inégalités linguistiques.

L’acquisition progressive d’un lexique riche et précis ainsi que la maîtrise des règles qui régissent la structure des phrases conditionnent la maîtrise du français scolaire. Le temps de l’école maternelle doit être mis à profit pour aider tous les enfants à progresser en ce sens. »

d’après « Le langage à l’école maternelle »
© CNDP, mai 2011

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