Le jeu dans l’aire transitionnelle de Winnicott

winnicottLe pédopsychiatre et psychanalyste anglais a marqué l’histoire de la psychologie infantile par son originalité
et son non-conformisme.
Il est célèbre pour ses contributions
au concept de l’objet transitionnel
et à la notion de « self ».

Grâce à ses observations  dans sa pratique quotidienne, le pédopsychiatre considère que le jeu de l’enfant est « spontané et universel ».

 

Selon Winnicott, une mère qui aime « normalement » son enfant et s’adapte progressivement à ses besoins est une mère « suffisament bonne ».
Dans un premier temps, elle donne à son enfant l’illusion que la réalité extérieure correspond à sa propre capacité de créer.
Ensuite, la tâche de la mère sera de désillusionner son enfant.
Lorsque ce processus est enclenché, l’enfant est prêt pour la frustration du sevrage.
La mère le fait naturellement du fait de la reprise de ses activités, plus l’enfant grandit
plus il est possible de différer la réponse.

L’acceptation de la réalité est une tâche sans fin. Aucun être humain ne se dégage
de la tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dedans et de celle du dehors. Winnicott suppose que cette tension peut être soulagée par l’existence d’une aire intermédiaire d’expérience dans laquelle se trouvent le jeu, l’art, la religion, la philosophie…
En effet pour lui, cette aire intermédiaire est en continuité avec l’aire de jeu de l’enfant,
son existence est nécessaire pour qu’une relation se construise entre le monde et l’enfant.

L’objet transitionnel est selon la volonté du nourrisson alternativement, la « mère réelle » puis sa représentation interne. Pour Winnicott le nourrisson joue dès qu’il est capable
de posséder un « objet non-moi », premier usage du symbole par l’enfant et première expérience de jeu.
Cet objet, symbole de l’union mère-bébé, occupe une place dans l’espace et le temps, impliquant qu’il y ait dans l’esprit du petit enfant ou dans sa réalité psychique interne l’amorce d’une constitution de l’image de l’objet.
Ainsi l’enfant se dirige vers la symbolisation de la séparation qu’il accepte et
dont il va même bénéficier.

doudou

bobine

 

 

 

 

 

 

Dans le « jeu de la bobine » S. Freud évoque la capacité de l’enfant à symboliser l’absence de la mère à travers l’utilisation du langage : « Fort/Da ». Ce jeu permet à l’enfant de revivre l’alternance de la présence et de l’absence de sa mère. (1)

L’objet transitionnel peut être un morceau de tissu, un animal en peluche, un ruban,
un doudou ou encore la mère elle-même. Il sera progressivement désinvesti avec le développement des intérêts culturels de l’enfant.

Winnicott place le jeu dans cet espace transitionnel car « pour contrôler ce qui est en dehors, on doit faire des choses et non simplement penser ou désirer ».

En effet, le jeu n’est pas seulement , selon Winnicott, le reflet des représentations internes de l’enfant mais montre également l’impact de l’environnement sur son développement.

Pour lui, le jeu est au cœur de la constitution de la personnalité.

 

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(1)  Freud, S. 1920. Au-delà du principe de plaisir, Paris, Payot, 2010
Ouvrages de Donald Winnicott :
– Winnicott, D.W. 1941. L’observation des jeunes enfants dans une situation établie, De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1969
Winnicott, D.W. 1958. La capacité d’être seul, De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot, 1969
Winnicott, D.W. 1975. Jeu et réalité ; l’espace potentiel, Gallimard.

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