Développement de la morphologie et de la syntaxe

gram1La production des premiers mots s’accroît d’abord lentement
et s’accélère au cours de la
seconde année.
Il existe des accélérations notamment
vers l’âge de 18-20 mois
(prise de conscience de pouvoir nommer et donc catégoriser les objets).

A partir de 2 ans l’enfant produit des énoncés de deux mots que l’on a qualifié
de « langage télégraphique ». On définit ce stade de la production de l’enfant
par une grammaire que l’on appelle « grammaire pivot » mise en évidence
par Braine (1963).


Pour les énoncés composés de deux noms, l’un des noms sert de verbe ou
tout à la fois de nom et de verbe, comme « maman lait » pour dire « maman
je veux du lait ».
Cette association de deux mots est universelle, on la retrouve chez tous les enfants
dans toutes les cultures et toutes les langues.
Cependant cette grammaire bien que fonctionnelle est une impasse.

L’enfant à partir de deux ans et demi commence à combiner les mots pour former
des phrases suivant un ordre qui correspond à la grammaire de sa langue maternelle.
La phrase est définie canoniquement comme un énoncé de plus de deux mots
contenant ce que l’on appelle un syntagme nominal (SN), correspondant
– au groupe du nom (article + nom ou article +nom+ adjectif)
– et au syntagme verbale (SV) (verbe + syntagme nominal).
La forme classique de la phrase en français correspond à ce qu’on appelle l’ordre
sujet + verbe + objet (SVO) qui est celui aussi de l’agent, action, objet.

Les aspects syntaxiques de la phrase (ordre des mots) sont acquis avant les aspects
morphologiques (temps du verbe, accord du pronom avec le verbe etc.)
L’acquisition des principaux éléments du syntagme nominal est réalisée entre 2 et 6 ans.
La maîtrise du syntagme verbal correspond à la conjugaison : l’utilisation des différents
temps et mode du verbe se fait aussi de façon progressive et est acquise entre 4 et 6 ans.
La forme la plus précocement utilisé est la copule « est » souvent avant 2 ans et demi.
Les formes de l’infinitif de l’indicatif présent et du passé indéfini sont acquises
entre 2 ans et demi et 4 ans.
Les premières formes du futur apparaissent vers 4 ans (futur périphrastique, il va venir)
Le futur simple apparaît plus tard.
Les formes de l’imparfait et du conditionnel sont plus tardives et n’apparaissent
qu’entre 5 et 6 ans.

A 5 ans l’enfant utilise la plupart des formes du verbe. Il est cependant important
de noter qu’il ne les utilise pas essentiellement pour marquer la place de l’action
dans le temps, c’est-à-dire les caractéristiques indépendantes des chronologies
(Bronckart, 1976) Quelques exemples de caractéristiques aspectuelles de l’action
sont indiqués ci-dessous :
– la distinction action en cours/action intemporelle : « elle est en train de prendre sa leçon de piano/elle prend des leçons de piano ».
– la distinction déroulement de l’action/résultat de l’action : « il mangeait du caviar/il a mangé du caviar ».
– la convention dans l’imaginaire : « j’étais le gendarme et toi le voleur »
– l’expression du souhait « ça va être mon anniversaire bientôt.»

Un certain nombre de recherches se sont intéressées à la compréhension
des formes actives et passives dans les phrases. Les phrases sont réversibles
lorsque l’inversion de l’agent et du patient correspond à une phrase sémantiquement
acceptable. Elles sont dites non réversibles lorsque cette inversion est impossible
sur le plan sémantique.
La compréhension des phrases passives non réversibles est réalisée plus précocement
que celles des passives réversibles.

Vous trouverez cet ouvrage chez : ebla-editions.fr

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Une réflexion au sujet de « Développement de la morphologie et de la syntaxe »

  1. On peut utiliser les activités proposées dans le livre pour les APC en petite et moyenne section ? Et en grande section pour les enfants non francophones ? Merci pour la réponse car le livre m’intéresse !

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