Les Neurones de la lecture – S.Dehaene

Les questions tournant autour de l’apprentissage de la lecture sont essentielles. La réflexion et la recherche d‘informations sur les meilleures méthodes pour apprendre à lire sont importantes car de bonnes performances en lecture facilitent grandement les réussites scolaires et plus tard professionnelles des enfants. Dans le livre « Les Neurones de la lecture » Stanislas Dehaene fait le point sur les acquis de la recherche scientifique.

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, Stanislas Dehaene est aujourd’hui professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale. Membre de l’Académie des sciences, c’est également un spécialiste de l’imagerie cérébrale.

Que se passe-t-il dans le cerveau lors de l’apprentissage de la lecture par le jeune enfant ?
On sait que vers 5-6 ans, au moment où il commence à apprendre à lire, l’enfant possède toutes les informations nécessaires sur la phonologie de sa langue ainsi qu’un vocabulaire de plusieurs milliers de mots. Il maîtrise aussi les principales caractéristiques grammaticales de sa langue. Ces connaissances sont implicites et l’enfant ne pourrait les énoncer mais des tests montrent qu’elles sont bien présentes dans son cerveau.

La première étape du chemin menant à la lecture est un stade logographique ou pictural. L’enfant reconnaît quelques mots qui l’intéressent comme son prénom ou des noms de marques sans analyser la composition de ces mots mais plutôt comme des dessins.

La deuxième phase commence quand l’enfant commence à reconnaître les lettres et à les mettre en correspondance avec les sons de la langue. L’enfant doit comprendre peu à peu que l’écriture est un système transcrivant les phonèmes de la langue. Une conscience « phonémique » explicite émerge alors chez l’enfant. Les correspondances graphèmes-phonèmes doivent être explicitement enseignées car sans cette alphabétisation, on n’entend pas ou on ne prend pas conscience des phonèmes de sa propre langue (page 268).
Dans cette deuxième étape, l’enfant apprend à déchiffrer l’écrit. Peu à peu, les mots irréguliers cessent d’être des pièges générateurs d’erreurs de lecture et des syllabes de plus en plus complexes sont comprises. Il est clair que l’apprentissage de la lecture passe du plus simple au plus complexe.

La troisième étape est l’étape dite « orthographique ». L’enfant se met à développer le deuxième mécanisme de la lecture : la voie lexicale. A partir de milliers de statistiques sur la fréquence dans la langue des lettres, des morphèmes, des phonèmes, des mots, etc.,- statistiques enregistrées par le cerveau – l’enfant automatise sa lecture et les deux modes de lecture -lectures phonologique et lexicale – fonctionnent en parallèle.

Le but est donc de favoriser le processus réel de la lecture chez l’apprenti lecteur autrement dit de favoriser le décodage des unités visuelles et leur mise en relation avec des unités auditives. Tout se qui permet la manipulation des sons du langage (rimes, syllabes ou phonèmes) sera utile pour l’apprentissage de la lecture. Il faut donc exercer et développer la conscience phonémique des enfants.

Parallèlement, il faut que l’enfant apprenne précisément le tracé des lettres et qu’il comprenne que la lecture se fait dans un certain sens, le but étant d’éliminer peu à peu les confusions fréquentes chez les jeunes enfants comme la confusion entre p et q par exemple.
Enfin les correspondances entre graphèmes et phonèmes doivent être enseignées de façon systématique et explicite en commençant par les graphèmes les plus réguliers et en allant vers l’irrégulier et le complexe.

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