Le jeu et l’exploration du monde extérieur

 play playPetite enfance :
de l’éducation à la scolarisation

Dossier de veille
de l’IFÉ
n° 92 • Avril 2014

 

 

Il est communément admis que le jeu est une des activités principales
du jeune enfant (1) et pourtant on ne trouve guère en France de
personnel EAJE (Education et accueil des Jeunes Enfants)
spécialisé dans ce domaine.

S.Rayna constate qu’en passant par des stades imitatifs, les petits
(entre 20 et 24 mois) coopèrent et communiquent entre eux, favorisant
ainsi la construction de certaines connaissances propres à cet âge,
et ce par la médiation du jeu.


Ses observations confirment le postulat piagétien de l’importance
des « échanges équilibrés » mais aussi la notion de « co-construction
des connaissances ».

Il ne s’agit pas de surstimulation (les activités sont choisies et guidées
par l’adulte) mais plutôt de situations d’éveil propices à la découverte
(l’enfant a l’initiative du jeu et de ses démarches mais l’adulte a préparé
et mis à disposition le matériel, agit en interaction et réagit).
C’est l’enfant qui est au cœur des pratiques professionnelles et non pas
l’adulte. Cette façon de procéder est très fréquente dans les crèches
japonaises, beaucoup moins en France.

On trouve aujourd’hui un grand nombre de recherches destinées à
montrer l’importance du jeu et de l’exploration.
Les américains qualifient cette approche de « dimension of teaching-
learning environments » destinée à stimuler le développement moteur
associé à la curiosité de l’enfant.
Ces environnements didactiques sont délimités selon cinq dimensions :
– l’ouvert et le fermé,
– l’inclusion et l’isolement,
– le simple et le complexe,
– le mouvant et l’immobile,
– le doux et le rugueux.

Sur les mêmes principes, des chercheurs de l’université de Cincinnati
ont mis au point des aires de jeux expérimentales (playscapes)
conçues pour promouvoir des apprentissages (STEM ou Science
Technology Engeneering Mathematics en particulier) mais également
pour développer les compétences motrices et sociales.

D’autres pays (Suède, Australie, Scandinavie, Allememagne et Royaume Uni)
s’engagent également dans la création d’environnements extérieurs,
liant nature et apprentissages (Carr & Luken, 2014).
En France, l’approche plus didactique qui caractérise l’évolution des
structures préscolaires diminue l’importance du jeu.
L’accent est mis sur les compétences langagières et cognitives, plutôt
que sociales et affectives, affichées dans grand nombre de programmes. (Garnier 2013).
1- Bruner et al. ont montré l’importance pour le développement du langage,
de la pensée et de l’entrée dans la culture en général, des routines ludiques
mises en place par des adultes et proposées aux enfants entre 6 et 24 mois (1976).

 

2 réflexions au sujet de « Le jeu et l’exploration du monde extérieur »

    • Vous avez le choix : coin « jeux de construction », coin « garage », coin déguisement, coin « ferme », coin marchande, coin marionnettes…!
      Le mieux est de faire « tourner » les coins jeux sur l’année, surtout si vous manquez d’espace, afin de renouveler leur intérêt.
      Vous trouverez tous les conseils et informations nécessaires dans notre ouvrage « Apprendre dans les coins jeux » aux Editions EBLA
      http://www.ebla-editions.fr/116-construire-des-savoirs-pas-a-pas

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