Relations entre pairs, Dale F. Hay

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Dale F. Hay, Ph.D.

Cardiff University,

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enfant-encyclopedie

 

« Les personnes qui étudient le développement de l’enfant ont toujours
attiré l’attention sur l’importance des pairs, surtout à l’adolescence,
quand ils peuvent faciliter entre eux leurs comportements antisociaux.
On a souvent supposé que les pairs sont moins importants pendant
la petite enfance, quand les relations avec les membres de la famille
sont plus influentes.


Cependant, des recherches actuelles montrent clairement que même
les nourrissons passent du temps avec des pairs, et que certains enfants
de trois et de quatre ans ont déjà des problèmes à se faire accepter
par leurs pairs.

Les problèmes précoces avec les pairs ont des conséquences négatives
pour le développement social et affectif ultérieur de l’enfant.
Il est important d’étudier le développement précoce des relations entre
pairs pour comprendre pourquoi certains enfants trouvent difficile d’établir
un rapport avec leurs semblables. » (…)

Quelles habiletés favorisent les relations précoces entre pairs ?

Bien que plusieurs chercheurs aient décrit les relations précoces entre
pairs, on a accordé relativement peu d’attention aux habiletés affectives,
cognitives et comportementales qui sous-tendent la capacité à interagir
harmonieusement avec les pairs.
J’ai suggéré que les relations précoces entre pairs dépendaient des
habiletés suivantes qui se développent pendant les deux premières années
de la vie :
a) gérer l’attention conjointe;
b) réguler les émotions;
c) inhiber les impulsions;
d) imiter les actions des autres;
e) comprendre les relations de cause à effet;
f) la compétence linguistique.

Les déficits de ces habiletés peuvent être compensés par l’interaction
des enfants avec des adultes compétents comme leurs parents ou
leur enseignant, ou par des frères et des sœurs tolérants; cependant,
les pairs qui sont aussi en train de développer graduellement ces habiletés
pourraient être moins indulgents, l’environnement des pairs pourrait donc
représenter un grand défi.

Les enfants ayant des troubles de développement et dont les habiletés
d’attention conjointe et d’imitation sont restreintes, ainsi que ceux
ayant un vocabulaire limité peuvent être particulièrement à risque.
Ceci peut expliquer les relations problématiques entre pairs dans
des classes préscolaires qui intègrent les enfants avec des besoins
spéciaux.

Pourquoi les jeunes enfants acceptent certains pairs et
en rejettent d’autres ?

Énormément de recherches sur les relations entre pairs dans la petite
enfance ont utilisé des méthodes sociométriques, dans lesquelles les
enfants nomment les pairs qu’ils aiment et (parfois) qu’ils n’aiment pas.
Ces méthodes montrent que certains enfants sont acceptés par leurs
pairs alors que d’autres sont activement rejetés ou ignorés.
L’acceptation des pairs est influencée par plusieurs facteurs dans la vie
d’un enfant, comme ses relations à la maison avec ses parents et
ses frères et sœurs, les relations entre les parents et les niveaux de soutien
social de la famille.
Cependant, l’acceptation des pairs est plus directement touchée par le
comportement de l’enfant. Les études montrent que les enfants très
agressifs ne sont pas acceptés par leurs pairs, mais cela dépend du sexe
de l’enfant.De plus, c’est peut-être vraiment l’absence de comportement
prosocial et non la présence d’agressivité qui favorise le rejet des pairs.
Dans certaines circonstances, le comportement agressif est positivement
associé à la compétence sociale.
Les enfants timides ont aussi des problèmes à se faire accepter par leurs
pairs. La timidité pendant la petite enfance a été liée au caractère de l’enfant,
aux réactions affectives antérieures vis-à-vis de situations nouvelles et
aux relations d’attachement; les enfants timides d’âge préscolaire sont
plus susceptibles que les autres d’avoir des mères souffrant de phobie sociale.

Les relations précoces entre pairs ont-elles un impact à long
terme sur le développement des enfants ?

Il existe des liens évidents entre les relations très précoces entre pairs
et celles qui se produisent plus tard dans l’enfance.
Par exemple, les jeunes enfants qui pouvaient participer à des jeux
complexes avec leurs pairs étaient plus capables d’échanger avec
d’autres enfants pendant les années préscolaires et au milieu de l’enfance.
L’acceptation des pairs dans la petite enfance est un prédicteur des
relations ultérieures entre pairs. Les enfants qui n’avaient pas d’amis
en maternelle ont continué à avoir des difficultés avec leurs pairs à 10 ans.

Cependant, on ne sait pas si les problèmes précoces avec les pairs causent
réellement des problèmes ultérieurs, ou si les deux sont occasionnés par
d’autres facteurs de risque à la maison et à l’école et par les tendances
comportementales et les habiletés déficientes qui rendent difficile
l’acceptation par un pair.
Cependant, les racines du rejet se trouvent dans les premières années
de l’enfance, et le rejet des pairs est associé à une sous-performance
éducative, même quand plusieurs autres influences causales sont prises
en compte.
En d’autres termes, le fait d’avoir des amis pendant la petite enfance
semble protéger les enfants contre le développement de problèmes
psychologiques plus tard dans l’enfance.

Conclusions de la recherche

Les pairs jouent un rôle important dans la vie de l’enfant, à des étapes
plus précoces du développement que nous le pensions.
Les expériences dans les deux ou trois premières années de la vie
ont des répercussions sur l’acceptation de l’enfant par ses camarades
en maternelle et au cours des années scolaires ultérieures.
Les enfants qui sont compétents avec leurs pairs quand ils sont jeunes
et ceux qui font preuve de comportement prosocial sont particulièrement
susceptibles d’être acceptés par leurs pairs.
Les enfants agressifs sont souvent rejetés, bien que l’agressivité n’exclue
pas toujours l’acceptation des pairs. Il est clair que les relations entre pairs
posent des défis spéciaux aux enfants ayant des troubles et à ceux qui
n’ont pas les habiletés affectives, cognitives et comportementales qui
sous-tendent l’interaction harmonieuse.
Pour les enfants ayant des problèmes comportementaux et affectifs
précoces, le risque est exacerbé par le rejet qu’ils subissent de la part
des pairs.
Inversement, les amitiés et les relations précoces positives avec les pairs
semblent protéger les enfants contre des problèmes psychologiques
ultérieurs. » (…)

Une recherche de Dale F. Hay, Ph.D. Cardiff University, à lire sur
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