Apprendre à écrire pour un gaucher…

gaucher1Le nombre de gauchers est
relativement peu important :
selon les études on comptabilise
en Occident environ 10 %
de gauchers, 73 % de droitiers,
8 % d’ambidextres, le reste étant
mal affirmé. Il y a plus de garçons
gauchers que de filles gauchères
et la latéralisation des garçons est
plus lente que celle des filles.

“Il existe une composante héréditaire dans la transmission de la « gaucherie ».
Avoir un de deux parents gauchers augmente fortement les chances de l’être.

Cette transmission héréditaire serait d’ailleurs plus importante si c’est la mère
qui est gauchère : cela multiplie par deux la probabilité que l’enfant le soit.
Certes, des scientifiques pensent que des influences environnementales lors
de la grossesse ou chez le nourrisson pourraient intervenir.
Dans tous les cas, le fait d’être gaucher n’est pas lié à l’éducation.
Inutile donc de contrarier l’enfant pour le forcer à devenir droitier.
Mieux vaut au contraire l’aider à se développer avec cette particularité.” (1)

La crispation au cours de l’apprentissage de l’écriture n’est pas néces-
sairement un signe de mauvaise latéralisation. Elle se met en place entre
3 et 6 ans ; il n’est pas anormal que la préférence manuelle ne soit pas
totalement fixée à 6 ans.

La prédominance d’un côté sur l’autre commence à apparaître à partir
de 3-4 ans. À 4-5 ans, 40 % des élèves hésitent, à 5-6 ans, cela diminue.
À partir de 6 ans, la plupart des élèves ont stabilisé leurs préférences
motrices. La préférence manuelle pour écrire peut être différente de la
préférence manuelle pour d’autres activités (pour jouer, manger, boire).

Une latéralité croisée (préférence droite ou gauche différente pour l’œil,
la main ou la jambe) n’est pas un facteur de troubles.

gaucher4“Ni gaucher ni droitier,
l’ambidextre se sert avec
autant d’aisance de sa main
droite que de la gauche.
Bien plus nombreux que les
purs gauchers, les ambidex-
tres représentent 30 % des
enfants scolarisés.

Ces enfants mettent souvent davantage de temps à acquérir de l’aisance
dans leurs mouvements et dans les apprentissages scolaires.
Car ils doivent sans cesse faire un choix entre le côté droit et le côté
gauche, ce qui inhibe leurs réflexes et les rend plus lents.
Jusqu’à 6 ans, ce n’est pas un problème. Après, la consultation
d’un psychomotricien peut valoir le coup, pour aider le petit à déterminer
son côté de prédilection et à développer des réflexes.” (2)

 L’enfant est-il gaucher ?

Pour vous assurer qu’un élève est bien gaucher, vérifiez en premier lieu
s’il y a des gauchers dans sa famille ainsi que l’acquisition du schéma
corporel.

Ensuite, quelques petits tests peuvent aider :

– le mouvement des marionnettes : faites faire les marionnettes avec
une main (au choix de l’élève), puis avec l’autre, notez le premier choix,
la souplesse et la rapidité pour chacune des mains.
Souvent, quand la main non dominante fait les marionnettes elle entraîne
celle qui est au repos ;

– poser les outils scripteurs face à lui ou au milieu de la feuille et observer
la prise et l’usage (parfois la prise est faite par la main droite qui transfère
l’outil à la main gauche) ;

– donnez un paquet de cartes à jouer, et demandez à l’élève de distribuer
les cartes. Notez la main active, la plus habile pour tenir la carte entre
le pouce et l’index lors de la distribution ;

– tracez deux cercles (environ 4 cm) l’un au bord droit et l’autre au bord
gauche d’une feuille et faites taper rapidement des points avec un crayon
dans le cercle de droite avec la main droite, dans le cercle de gauche,
avec la main gauche. La forme des impacts et leur centration dans
le cercle donnent des informations.

gaucher3Ces tests complètent les
observations, ils ne sont pas
des indicateurs absolus pour
décider de la dominance
manuelle.

 

 

 Apprendre à écrire ?

Les enfants gauchers manient aussi bien le crayon que les droitiers et
développent sans mal leur motricité fine (les plus petits mouvements).
Mais ils vont devoir mettre au point une stratégie qui leur est propre
pour commencer à écrire. Ce qui est difficile pour eux : tracer des lettres
de la gauche vers la droite, car ils cachent automatiquement ce qu’ils
viennent de rédiger avec leur poignet.

Et, pour peu qu’ils tiennent leur feuille en l’inclinant vers la gauche pour imiter
les copains, ils ne voient plus ce qu’ils font.
Ils peinent également à mémoriser les lettres à tracer, à bien les calibrer,
à écrire droit…
« Heureusement, les enseignants sont maintenant formés pour faciliter les
apprentissages des gauchers dès la maternelle, rassure Magali Dussourd,
orthophoniste. Ils savent aider l’enfant à bien positionner sa feuille.
Par exemple, quand il s’agit de recopier des lettres, le modèle est à situer
en bout de ligne à droite pour qu’il reste toujours visible lorsque le gaucher
écrit…
L’école peut mettre à leur disposition du matériel adapté (les ciseaux,
notamment). Enfin, les parents peuvent acheter des stylos dont l’encre
sèche très vite pour éviter que la main n’étale l’encre sur la page.
C’est par ces petites astuces que l’on met les enfants en confiance ». (2)

Les mouvements

L’enfant droitier et l’enfant gaucher ne font pas les mêmes mouvements :
le premier tire l’outil scripteur dans le sens de l’écriture, le second le pousse.
Les gestes et les appuis de l’enfant gaucher sont différents ; son bras est
moins libre dans ses déplacements vers la droite que celui du droitier,
la main a tendance à prendre en charge à la fois l’aspect cursif et l’aspect
calligraphique de l’écriture.

La position

gaucher2Il doit être assis de préférence à gauche d’un
droitier. Afin d’éviter le balayage et le
masquage par la main de ce qui vient d’être
écrit, on peut lui proposer d’incliner la feuille
vers la droite ; le bras légèrement en avant
du corps peut entraîner alors la main.

 

Il faut éviter une position de la main qui écrit au-dessus du mot, le poignet
en pronation, ce qui entraîne fatigue et une mauvaise position dorsale.

L’enseignant encourage l’élève gaucher à rechercher la position la plus
favorable pour concilier confort et lisibilité, à adapter la tenue de l’instrument
scripteur et à utiliser pour commencer l’apprentissage, l’outil avec lequel
il est le plus à l’aise. L’important est d’aider l’enfant gaucher à trouver
le meilleur système de compensation.

Pour avoir une position efficace en situation d’écriture, la feuille d’écriture
devrait se situer à environ 20 cm des yeux.

Pour les gauchers, l’avant-bras droit en appui sur la table (parallèlement
au bord de la table) assure l’équilibre du buste dont il reçoit le poids pour
libérer la mobilité du bras gauche.
Le buste est légèrement incliné vers la droite, la feuille d’écriture modérément
penchée à droite dans l’axe de l’avant-bras.
Les pieds doivent être à plat sur le sol, les cuisses reposant sur l’assise
de la chaise. Il est conseillé de ne pas accepter les tenues fantaisistes
préjudiciables à la qualité de l’écriture, au développement corporel
mais aussi à la concentration. (3)

(1)http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/dossiers/developpement-personnel/8899-gauchers-verites.htm

(2) http://www.topsante.com/maman-et-enfant/enfants/bien-grandir/mon-enfant-est-gaucher-et-alors-11830

(3) Langage à l’Ecole maternelle (2011) eduscol

2 réflexions au sujet de « Apprendre à écrire pour un gaucher… »

  1. Moi j étais ambidextre mais avec le temps j ai decidé de revenir au début mais c’est un peu dur mais avec le temps ça passe après 10 ans

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